E . Bellamy M.Delauney A z z u r r i

La Bio Fabuleuse,
par Pierre-Olivier Madelaine

      Nietzsche a dit un jour que « sans la musique, la vie serait une erreur ». S’il avait vécu un siècle plus tard et découvert les mélodies enchanteresses d’Eden, nul doute que son sentiment aurait redoublé d’intérêt. Car avec une configuration minimaliste mais astucieuse – le swing de la guitare contrebalancé par la sonorité basse du violoncelle, le piano fertile et la batterie enjouée – le groupe a su trouver un équilibre rare.
      Ici, tout est question d’harmonie créatrice. L’innovation est au cœur du processus musical. Tantôt sensuels, parfois complètement rock’n’roll, les accords se renouvellent sans jamais s’éreinter. Rien n’est grave, rien n’est léger. C’est la passion qui s’exprime pour faire naître des chansons intimes et généreuses. On y perçoit les doutes et les interrogations d’une jeunesse rompue aux artifices et aux faux-semblants. Alors le désir d’écrire et de composer se fait plus fort, plus pressant. Les rencontres, uniques, entretiennent le talent et les affinités. Deux ans déjà que Clément, Julien et Alexis roulent leur bosse sans trop y croire vraiment. Et puis, en 2003, sous l’impulsion de Maxime, co-auteur et impresario improvisé, le groupe prend un nouvel élan.
      Forts de plusieurs expériences à l’étranger (Espagne, Angleterre, Argentine), les membres d’Eden enrichissent leur travail des inspirations puisées ça et là. Jeanne fait son apparition, et avec elle, l’ensemble apprend à devenir plus audacieux. Les chansons apparaissent alors comme des trouvailles musicales à mi-chemin entre la folk romantique et les ballades passionnées. N’ayons pas peur des mots : Eden fait de la grande chanson populaire à cent lieues de la variété pompeuse et édulcorée. Cette fois c’est sûr, Wagner est mort et enterré. Les refrains stricts et hypnotiques sont relégués aux oubliettes.
      Eden n’apprécie guère les conceptions immaculées. Il redoute ce qui est propre et satiné. Sa musique respire de sentiments fragiles et endurés. On cherche, on hésite, on entreprend. Comme un jeune couple qui apprend à s’aimer. Rien n’est acquis, rien n’est figé. Tout est en mouvement. Un mouvement souple et aléatoire, à l’image de ces paroles jamais définitives. Quoi de plus vivant en somme ?
      Le vieil adage a donc raison : les choses les plus simples sont toujours les meilleures. Et Eden a le goût de cette simplicité qui sait transmettre les émotions les plus justes. C’est simple et c’est beau.
      On en revient toujours au même.

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